Grillades de viande lors d'un braai en Afrique du Sud
Gastronomie

Cuisine sud-africaine : spécialités à goûter, du braai au bobotie

Sommaire de l'article

Odeur de braises, saucisses épicées qui grésillent, vin de Stellenbosch dans le verre : la cuisine sud-africaine se découvre autant à table qu’autour du feu. Façonnée par les traditions zouloues et xhosas, par les colons néerlandais et britanniques, par les cuisiniers venus d’Asie du Sud-Est et du sous-continent indien, elle mêle des influences rares ailleurs. Le résultat est généreux, parfumé et souvent très abordable.

Ce guide présente les spécialités à goûter, les plats propres à chaque région et quelques conseils pour bien manger pendant votre voyage. Si vous préparez votre itinéraire, consultez aussi nos guides sur les Winelands et sur le Cap et sa péninsule.

Le braai, institution nationale

Impossible de parler de la cuisine sud-africaine sans commencer par le braai. Le mot, issu de l’afrikaans, désigne à la fois le barbecue et la réunion qui l’accompagne. Chaque week-end ou presque, des familles se retrouvent autour d’un feu pour griller de la viande pendant plusieurs heures, sans se presser. Le pays célèbre même ce rituel lors de la Journée du patrimoine, le 24 septembre, souvent surnommée « Braai Day ».

Au menu : de la boerewors, saucisse de bœuf (parfois mélangé à de l’agneau ou du porc) assaisonnée d’épices comme la coriandre, vendue enroulée en spirale ; des côtelettes d’agneau, appelées lamb chops ; des brochettes marinées appelées sosaties, d’origine malaise du Cap ; du poulet et, selon les régions, du gibier. On les accompagne de pain, de salades et de pap, une bouillie de maïs épaisse qui joue le rôle de la polenta ou de la semoule.

Si vous êtes invité à un braai, apportez votre viande et une boisson : c’est l’usage. Si vous ne connaissez personne, de nombreux restaurants et lodges proposent des soirées braai à destination des voyageurs, notamment dans les réserves de la région du Kruger.

Biltong, droëwors et en-cas de route

Le biltong est probablement l’en-cas le plus emblématique du pays. Il s’agit de viande, le plus souvent du bœuf mais aussi du gibier comme l’antilope, marinée dans du vinaigre, du sel, du poivre et de la coriandre, puis séchée à l’air. On le trouve en lamelles, en bâtonnets ou tranché à la demande dans les boucheries spécialisées et les supermarchés.

Sa cousine, la droëwors, est une saucisse séchée fine, à grignoter comme un snack. Les deux sont parfaits pour une longue journée de route, par exemple sur la route des Jardins ou pendant un safari. Ils se conservent bien et se glissent facilement dans une valise : vérifiez toutefois les règles de votre pays de retour sur l’importation de produits carnés avant d’en acheter en grande quantité.

Parmi les autres produits de comptoir à essayer : les rusks, biscuits secs que l’on trempe dans le thé ou le café du matin, et les chips aux saveurs étonnantes, vendues dans toutes les stations-service.

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Dégustations dans les vignobles

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La cuisine malaise du Cap

La cuisine malaise du Cap
Photo : Ndumiso Zimu / Pexels

Au Cap, la gastronomie porte la marque de la communauté dite « malaise du Cap », descendante de personnes amenées d’Asie du Sud-Est et d’autres régions par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales à partir du XVIIe siècle. Leur cuisine marie épices douces, fruits secs et cuissons lentes.

Le plat phare est le bobotie : une préparation de viande hachée épicée, légèrement sucrée par les fruits secs, recouverte d’un mélange d’œuf et de lait que l’on fait dorer au four. Il se sert généralement avec du riz jaune et un chutney. On le rencontre dans de nombreux restaurants de cuisine traditionnelle ainsi que dans les foyers.

Autres plats à connaître : le bredie, ragoût mijoté d’agneau et de légumes, et le curry du Cap, plus parfumé que fort. Pour mieux comprendre cette cuisine, le quartier du Bo-Kaap, reconnaissable à ses maisons colorées, est une étape de choix, aussi bien pour sa visite que pour les expériences culinaires proposées par des habitants.

Bunny chow et cuisine indienne de Durban

Bunny chow et cuisine indienne de Durban
Photo : Andrew Harvard / Pexels

Durban abrite l’une des plus importantes communautés d’origine indienne hors d’Inde, et cela se ressent dans l’assiette. La spécialité locale, le bunny chow, est un demi-pain ou un quart de pain de mie creusé et rempli de curry (haricots, poulet, agneau ou légumes). Il se mange avec les doigts, en arrachant la mie du pain pour la tremper dans la sauce.

Le plat est né de la culture ouvrière de la ville et il est devenu un symbole de Durban. Les curries y sont souvent plus relevés qu’au Cap : demandez le niveau de piment avant de commander si vous êtes sensible. On trouve aussi du samoussa, du roti et divers plats de rue dans les quartiers indiens de la ville.

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Cours de cuisine et visites gourmandes

Cuisine malaise du Cap, braai, marchés : comparez les expériences culinaires.

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Potjiekos, pap et saveurs des communautés noires

Le potjiekos (« nourriture de la petite marmite ») est un ragoût cuit lentement, au feu de bois, dans une marmite en fonte à trois pieds. On y superpose viande, pommes de terre, carottes et autres légumes sans remuer, et on laisse mijoter plusieurs heures. C’est un grand classique des week-ends à la campagne.

Du côté des cuisines des communautés zouloue, xhosa, sotho et d’autres, le pap est omniprésent : on le sert avec une sauce tomate-oignon, avec de la viande grillée ou avec la chakalaka, un relish épicé de légumes, de haricots et de piment. Les tripes, le samp (maïs concassé) et les haricots, ou encore les plats mijotés de viande servis dans des restaurants de township, permettent de découvrir une cuisine du quotidien souvent peu connue des voyageurs.

Les visites de townships encadrées par des habitants ou des opérateurs sérieux incluent parfois un repas. C’est une manière respectueuse de contribuer à l’économie locale, à condition de choisir des organisateurs transparents sur la redistribution des revenus.

Fruits de mer et poissons de la côte

Fruits de mer et poissons de la côte
Photo : Magda Ehlers / Pexels

Avec plusieurs milliers de kilomètres de littoral, l’Afrique du Sud propose de belles tables de fruits de mer, en particulier sur la côte ouest, au Cap et sur la route des Jardins. On y trouve des calamars, des moules, des crevettes, de la langouste, et le snoek, un poisson typique du Cap souvent grillé ou fumé, parfois badigeonné de confiture d’abricot.

Pour les poissons, un petit conseil d’ordre écologique : le pays dispose d’une liste de recommandations indiquant quelles espèces consommer ou éviter selon l’état des stocks. Demandez au restaurant s’il suit ces recommandations, ou consultez le programme dédié avant de commander. Le fish and chips, hérité de l’influence britannique, reste une option simple et peu chère dans de nombreuses villes côtières.

Desserts : malva pudding, koeksisters et melktert

Les desserts sud-africains sont généreux et sucrés. Le malva pudding, gâteau chaud, spongieux, imbibé d’un sirop à base d’abricot ou de crème, est servi avec de la crème anglaise ou de la glace. Il est devenu un incontournable des cartes de restaurant.

Parmi les autres douceurs :

  • Les koeksisters : beignets tressés frits puis plongés dans un sirop. La version du Cap, plus parfumée aux épices, diffère de la version afrikaner, plus croquante.
  • La melktert : tarte au lait parfumée à la cannelle, issue de la tradition afrikaner.
  • Les pancakes à la cannelle (pannekoek), vendus sur certains marchés.
  • Les fruits frais : mangues, litchis, papayes, agrumes et raisin selon la saison.
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Où dormir pour bien manger

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Vins, bières et boissons

Vins, bières et boissons
Photo : Harvey Barrison from Massapequa, NY, USA / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

La viticulture sud-africaine remonte au XVIIe siècle, et la région des Winelands, à une heure environ du Cap, est la plus connue. Parmi les cépages à retenir : le chenin blanc, très présent, et le pinotage, cépage rouge créé en Afrique du Sud en croisant le pinot noir et le cinsault. Les domaines de Stellenbosch, Franschhoek et Paarl accueillent les visiteurs pour des dégustations, parfois accompagnées de déjeuners. Notre guide des Winelands détaille les étapes à ne pas manquer.

Côté boissons sans alcool, le rooibos, infusion rouge sans théine issue d’une plante cultivée dans la région du Cederberg, se boit chaud ou glacé. Les amateurs de bières trouveront de nombreuses brasseries artisanales dans les grandes villes, et la liqueur de crème Amarula, fabriquée à partir du fruit du marula, se déguste en digestif ou sur glace.

Si vous conduisez, rappelez-vous que l’alcool au volant est strictement réprimé. Pour les dégustations, désignez un conducteur ou réservez une excursion avec transport.

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Conseils pratiques pour bien manger

  • Le rythme des repas. Les restaurants servent généralement le dîner assez tôt, et le déjeuner est souvent léger, sauf pendant un braai du week-end.
  • Les portions. Elles sont généralement copieuses : partager un plat ou une entrée est courant.
  • Le pourboire. Il est d’usage de laisser environ 10 à 15 % de l’addition lorsque le service est satisfaisant.
  • Les régimes spéciaux. Les options végétariennes et végétaliennes se sont beaucoup développées dans les grandes villes, moins en zone rurale où la viande domine.
  • L’hygiène. Les restaurants et marchés fréquentés par les locaux et les voyageurs sont en général sûrs. Choisissez des étals où la rotation est visible, et préférez l’eau en bouteille en zone rurale ou en cas de doute.
  • La saison. Les marchés de producteurs sont particulièrement agréables en été austral (de novembre à mars). Pour choisir la meilleure période de voyage, lisez notre guide quand partir en Afrique du Sud.

Notre sélection : un menu pour résumer le pays

Si vous ne deviez goûter que six choses : un braai avec de la boerewors, un biltong pour la route, un bobotie au Cap, un bunny chow à Durban, un verre de chenin blanc ou de pinotage dans les Winelands et un malva pudding pour terminer. Ce parcours gourmand donne un excellent aperçu de la diversité du pays, et il s’adapte à tous les budgets, de l’étal de marché au restaurant de domaine viticole.

Pour la logistique, la location d’une voiture facilite grandement les déplacements entre les Winelands, la côte et les parcs : la réservation s’effectue directement via l’encart de location présent sur le site.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un braai ?

Le braai est le barbecue sud-africain, à la fois repas et rituel social. On y grille de la viande (saucisses boerewors, côtelettes, brochettes) sur des braises de bois ou de charbon, en compagnie de la famille ou d'amis. C'est une tradition dans tout le pays.

Que goûter absolument en Afrique du Sud ?

Un braai avec de la boerewors, du biltong, un bobotie (spécialité de la cuisine malaise du Cap), un bunny chow si vous passez par Durban, et un malva pudding en dessert. Accompagnez le tout d'un vin des Winelands ou d'un rooibos.

Le biltong est-il identique au jerky américain ?

Non. Le biltong est une viande séchée à l'air après marinade au vinaigre et aux épices, alors que le jerky est généralement séché à la chaleur et souvent plus sucré. Le biltong se tranche en lamelles plus épaisses et reste plus tendre.

Peut-on boire l'eau du robinet ?

Dans la plupart des grandes villes, l'eau du réseau est considérée comme potable, mais la qualité varie selon les régions. En cas de doute, ou en zone rurale, privilégiez l'eau en bouteille et renseignez-vous auprès de votre hébergement.

Faut-il laisser un pourboire au restaurant ?

Oui, c'est l'usage. Un pourboire d'environ 10 à 15 % de l'addition est couramment laissé en cas de service satisfaisant, car il constitue une part importante du revenu du personnel.